« Le Liechtenstein? Vous avez dit le Liechtenstein? Voyons… »
Le contrôleur CFF à qui j’ai demandé naïvement dans le train entre Berne et Zurich si mon AG était valable au Liechtenstein, m’a d’abord regardée d’un air perdu, puis a sorti son smartphone dont il a scruté l’écran pendant plusieurs minutes. Enfin, il s’est tourné vers moi et c’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il cherchait le Liechtenstein sur la carte du réseau CFF… Eh oui, les souvenirs des cours de géo sont parfois un peu nébuleux! Mais en principe les petits Suisses ont tous appris un jour à localiser la Principauté du Liechtenstein, petit pays limitrophe de la Suisse, à l’est du canton de St-Gall et au nord des Grisons.
Ayant appris que mon AG était effectivement valable au Liechtenstein et que j’allais même pouvoir y payer en francs suisses et y parler le dialecte suisse allemand, j’ai continué mon petit voyage à l’autre bout de la Suisse.
C’est pour le compte de mon travail que j’ai eu le plaisir de passer 2 jours dans la Principauté du Liechtenstein. Malgré sa petite taille (environ 37’000 habitants), le pays est aussi concerné par l’arrivée de réfugiés des pays actuellement en crise. Le fait d’acquérir les bases de la langue du pays est une condition essentielle pour une bonne intégration, et le Liechtenstein réfléchit à mettre en place des cours de langue avec une méthode pédagogique adaptée à ce public. C’est afin d’en débattre avec les pays germanophones environnants que le Liechtenstein a invité des collègues allemands, suisses et autrichiens pour 2 jours consacrés à l’échange… et à la découverte de cette région magnifique qui gagne à être connue!
Tout d’abord, le sujet des deux jours de la rencontre était propice à des discussions sur les langues. C’est ainsi que j’ai appris que le Liechtenstein comptait 11 communes, et que chacune d’entre elles avait son propre dialecte alémanique! Les dialectes du centre du pays, autour de la capitale Vaduz, tendent aujourd’hui à se mélanger. Mais ceux des communes plus isolées sont bien vivants. Au sud, le dialecte ressemble à celui qui est parlé juste de l’autre côté de la frontière, dans le canton des Grisons. Le village de Triesenberg, lui, est connu pour son dialecte « walser », très proche du dialecte haut valaisan.
Les Liechtensteinois sont un peuple riche, certes (le plus haut PIB par habitant), mais c’est aussi un peuple généreux, très accueillant, extrêmement poli et serviable. Fiers de leur pays, ils sont aussi avides de le faire découvrir aux autres. Nous avons été gâtés en découvertes culinaires (notamment au restaurant Torkel à Vaduz, une excellente adresse!) et même en rencontres de haut rang avec des représentants du gouvernement liechtensteinois et une invitation officielle au Château de Vaduz, résidence du Prince de Liechtenstein. Nous avons pu nous y entretenir avec le Prince Stefan de Liechtenstein, ambassadeur du Liechtenstein à Berlin, et la Princesse héritière Sophie de Liechtenstein. Elle s’est enquise notamment des souvenirs les plus marquants que nous allions ramener du pays, et une personne de l’assemblée lui a raconté son émerveillement lorsqu’elle n’était pas arrivée à temps à l’arrêt du bus et que ce dernier, en la voyant, avait fait demi-tour pour venir la chercher…!