Lectures

Dépaysement littéraire en Afrique

The Garden of Burning Sand

Je viens de rentrer d’un voyage saisissant sur le continent africain, grâce à ce roman de Corban Addison. Le titre signifie « Jardin de sable brûlant », mais à ma connaissance il n’en existe pas encore de traduction en français.

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Une petite introduction s’impose: depuis quelques années, j’ai décidé de  lire par principe les romans dans leur langue originale. Je peux lire couramment en quatre langues (français, allemand, anglais et espagnol), ce qui me permet de découvrir un grand nombre d’auteurs dans leur style original. Ce n’est que lorsque je m’aventure dans d’autres territoires linguistiques (rarement, parfois vers la Scandinavie, de temps en temps sur le continent asiatique) que je me résigne à lire une traduction.

Les romans qui m’attirent racontent des histoires de la vie de tous les jours, si possible dans des contrées exotiques ou des passés plus ou moins lointains car j’aime quand la lecture me permet de voyager dans l’espace ou dans le temps. Les destins humains, confrontés aux réalités historiques, politiques et sociales, me touchent tout particulièrement. J’ai notamment un faible pour la littérature qui défend des causes… C’est dire que j’étais bien tombée avec ce livre de Corban Addison, avocat passionné de voyages et grand défenseur des droits humains. Son roman The Garden of Burning Sand est une plongée la tête la première dans le continent africain, à la fois dans ses beautés et ses misères. On est happé par cette véritable déclaration d’amour à l’Afrique qui, une fois que vous l’avez apprivoisée avec toutes ses blessures, ne vous laisse plus partir:

« When it gets in your blood there’s no reversing it, » she replied.

« What do you mean? »

« Once you live here, it’s hard to leave. »

Le personnage principal, Zoe Fleming, est une jeune juriste américaine qui travaille à Lusaka, la capitale de la République de Zambie. Un jour, elle est confrontée à un cas particulièrement dur: une jeune fille atteinte du syndrome de Down a été violée et abandonnée dans un quartier mal famé. La jeune fille ne parle pas, impossible de savoir d’où elle vient et ce qui lui est arrivé. Zoe fait équipe avec le jeune officier de police Joseph Kabuta pour retrouver la famille de la petite. Bientôt, ils se rendent compte qu’ils ne pourront comprendre ce qui est arrivé à la jeune Kuyeya que s’ils élucident le mystère qui entoure l’identité de sa mère décédée quelques années plus tôt. Leurs recherches les mènent aux fameuses chutes Victoria et jusqu’à Johannesburg, à la rencontre de personnages plus ou moins malmenés par la vie. Le destin de Kuyeya est intimement lié au destin de la Zambie, pays où la justice considère encore l’analyse de l’ADN comme non recevable dans un cas de viol, et où l’ombre de la terrible maladie avec son acronyme de 4 lettres est encore une réalité bien présente, comme une présence palpable d’un bout à l’autre du roman.

« The crime of defilement has existed in Zambia for decades. The law offers this Court many tools to prosecute it. DNA is not one of them. Our system may differ from the rest of the world, but it is our system. And the system is not broken. There’s no need to fix it. »

Retrouver la trace de la mère de Kuyeya sera finalement la seule manière d’expliquer de quelle vengeance particulièrement vile et mystérieuse la petite fille a été victime. Mais cela ne suffira pas, car Zoe et Joseph devront encore se battre pour que la justice mette le coupable derrière les barreaux, malgré l’impossibilité de la preuve ADN irréfutable. Pour y arriver, il leur faudra de la persévérance. Et en fouillant dans les souvenirs des autres, eux aussi devront se confronter à leur passé: Zoe apprendra petit à petit à pardonner à son père, tandis que Joseph s’efforcera de tenir la promesse qu’il a faite à sa soeur.

Un beau roman que je vous recommande vivement.

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