En Espagne, ce n’est pas le sapin de Noël qui est au centre des festivités de fin d’année. De fait, la tradition de décorer un sapin est apparue assez tardivement en Espagne, importée par une duchesse russe en 1870. Encore aujourd’hui, on y trouvera plus souvent des sapins avec des guirlandes lumineuses à l’extérieur que dans le salon. Et encore moins de vrais sapins avec des vraies bougies (le cauchemar de tous les pompiers suisses la nuit de Noël) comme il y en a eu chaque année dans mon enfance.
Non, ce qui fait Noël en Espagne, c’est surtout la crèche. Mais pas la crèche comme vous la connaissez – Jésus et ses parents, un âne, un boeuf et voilà tout – mais une véritable représentation en miniature de la ville de Bethléem, belén, le mot espagnol qui signifie « crèche ».

Quelques jours avant Noël en Espagne, les endroits publics – les églises, les centres commerciaux, les restaurants, les EMS… – se remplissent de ces petits mondes en miniature. On y trouve des maisons, des rues, des arbres, des moulins, des ponts, des rivières, des animaux, des chariots, des soldats romains et j’en passe… Et au centre de tout ce petit monde, voilà l’étable, parfois une grotte, où l’on retrouve la sainte famille. Et si vous avez la patience de chercher parmi les figurines, on trouve généralement dans tout belén qui se respecte une figurine d’un homme avec les pantalons baissés et les fesses à l’air, en train de faire ses besoins… Sans blague, les Espagnols l’appellent el cagón et le considèrent comme un symbole de fécondité et de prospérité. Visiblement, le petit Jésus ne s’en offusque pas.
Suivant la tradition du belén espagnol, je décide de créer un petit Bethléem miniature sur le meuble de la salle à manger… Pour cela, je ressors des figurines de la Nativité achetées pour trois fois rien dans un bazar à Salamanca et je décide de leur donner un peu de glamour avec du do-it-yourself. Je peins une planche en bois, je l’enduis de colle et répartis du sable brun par-dessus. J’ajoute de petits cailloux achetés dans un magasin de décorations.
Dans de la pâte à modeler qui sèche à l’air, je façonne de petites briques de tailles diverses. Une fois sèches, je les ponce. Je les assemble avec de la colle sur mon plateau en bois, de manière à créer une ruine en arc de cercle (ce sera mon étable). Je peins les briques en gris. Je passe une couche de laque en bonbonne sur le tout.
Le reste, ce sont des pièces mobiles que j’ajoute pour décorer ma crèche: des baguettes en bois, des branches, des cailloux, de la mousse… et enfin les figurines (pas besoin de chercher, je n’ai pas de cagón…). Puisque ces éléments ne sont pas fixés sur la planche, je peux réinventer une nouvelle crèche chaque année, au gré de mes envies!



