Fin mai 2016, nous faisons nos adieux à la petite ville de Bulle où nous avons passé un peu de plus de trois belles années de notre vie. C’est avec une grosse larme de chagrin à l’oeil que nous rangeons nos derniers cartons de déménagement dans le camion et que nous remettons la clé à la gérance…
La Gruyère nous manquera, sans aucun doute. Son Moléson avec son funi, ses vaches qui font ding-ding, son aérodrome avec sa buvette et ses cafés glacés, ses odeurs de fromage et de foin coupé, ses tracteurs et ses motos qui font et refont inlassablement la montée au col du Jaun…
La petite ville de Bulle nous manquera aussi, avec son charme, son château illuminé la nuit, ses boutiques, mon magasin de tissus préféré!, ses glaces artisanales, son restaurant portugais si sympa, sa forêt de Bouleyres où l’on se perd si facilement. Par contre, nous ne regretterons pas: son école hôtelière et ses étudiants peu respectueux du silence des riverains, ses (trop) nombreux gendarmes couchés à cause desquels Héctor a vendu sa voiture sportive pour acheter une 4×4, sa démographie galopante et ses travaux incessants de rénovation des routes et de nouvelles constructions…





Mais la raison principale pour laquelle nous quittons la Gruyère, ce sont les 90 minutes que je perds tous les matins et tous les soirs depuis 3 ans et demi dans les transports publics entre la maison et le travail. Malgré les nombreux livres que j’en ai profité de lire et malgré mon lecteur mp3 qui m’a fait rêver (et dormir) dans le train, les voyages se font longs et mon énergie commence à s’en ressentir. Héctor, lui, peste depuis 3 ans et demi contre les embouteillages, les travaux, la neige et les accidents sur l’autoroute entre Vevey et Lausanne. Le temps est venu pour nous de retrouver un peu de qualité de vie.
Nos projets se concrétisent au début de l’année, et ensuite tout s’enchaîne assez rapidement. Héctor décroche un poste de travail à Berne dans le domaine de la technique médicale. Quelques mois plus tard, nous trouvons un magnifique appartement à louer dans la commune d’Ostermundigen. Comble de l’ironie (parfois, la vie nous joue bien des tours), ma maman a grandi à Ostermundigen. Juste avant que mon grand-père ne décède en février 2016, je lui avais parlé de notre projet de déménager dans le canton de Berne. Il m’avait encouragée et m’avait suggéré de regarder du côté d’Ostermundigen, « car on y vit si bien ». Eh bien, grand-papa, tu avais raison!
Adieu Bulle, donc, et… Grüezi Ostermundigen!
Fin mai 2016: C’est avec émotion que je traverse la Sarine pour la dernière fois en train… Après l’avoir traversée tous les matins et tous les soirs pendant 3 ans et demi, ma vie de pendulaire se termine là. Ma vie de Romande, elle, survivra à la traversée du Röstigraben. La preuve: mon blog n’est pas encore en schwyzerdütsch… Oder? Was meinsch?
