Entre la scène et moi, c’est une vieille histoire. Une vieille histoire d’amour.
Depuis l’âge de 14 ans, j’avais participé de manière régulière à diverses pièces de théâtre, d’abord au collège, puis au gymnase, et enfin dans la troupe de l’Atelier-Théâtre des Trois-Quarts à Montreux. Après mon dernier rôle en 2002 – celui de Hélène dans L’Atelier de Jean-Claude Grumberg – mon départ de l’université et mon premier poste de travail m’éloignent petit à petit de ma passion du théâtre… Il m’aura fallu plus de 15 ans pour y revenir.

Fin 2017, je décide qu’il est temps de raviver ma flamme de la scène. En même temps, je réfléchis à la possibilité de perfectionner mon anglais, que je pratique malheureusement trop rarement. C’est alors que j’ai fait ce que font les générations modernes lorsqu’elles sont en proie à une décision difficile: j’ai sorti mon téléphone portable et j’ai commencé à googler « théâtre », « Berne » et « anglais »… Quelques clics plus tard, je suis tombée sur le site d’une troupe de théâtre anglophone basée à Berne. Un mail, un premier contact sympathique, c’est décidé: en janvier 2018, je participe à mon premier casting avec Upstage. Je décroche un petit rôle dans leur première production de 2018, ce n’est ni plus ni moins que Cat on a hot tin roof de Tennessee Williams. Les 6 représentations de la pièce ont lieu au mois de mai 2018 au Theater am Käfigturm.

Mon rôle est celui d’une servante. La famille américaine portraitée dans Cat on a hot tin roof emploie deux servantes de couleur… Rien d’inhabituel dans les années 50. En 2018, nos deux metteurs en scène décident d’adresser la question. Plutôt que de leur donner un rôle silencieux, ils décident de faire des servantes des « spectatrices-narratrices ». Présentes sur scène pendant toute la pièce, elles observent et commentent l’histoire d’un point de vue extérieur. En guise de texte, nous récitons en fait quelques-unes des nombreuses didascalies très détaillées de Tennessee Williams. En même temps, afin de dénoncer l’exploitation des personnes de couleur par les familles blanches dans les années 50, les metteurs en scène décident de nous donner un travail absurde et répétitif: c’est ainsi que nous sommes amenées à plier et déplier des serviettes pendant toute la durée de la pièce… Une vraie torture!

Je profite de mon retour sur les planches pour réaliser un rêve que je caresse depuis longtemps: coudre des costumes de scène! Il me paraissait logique que les deux servantes portent le même uniforme. Avec l’aide de la personne responsable des costumes, je me penche sur les uniformes des maids aux Etats-Unis dans les années 50. Les dénominateurs communs sont: robe noire jusqu’aux genoux, col blanc et patte de boutonnage, manches courtes terminées par un galon blanc, tablier blanc généralement croisé dans le dos.
Dans le Fait Main n°404 de septembre 2015, je trouve un patron d’une robe droite avec une patte de boutonnage et des manches courtes (modèle G).
Je décide de le modifier pour en faire ma robe de servante. Je modifie le bas de la robe pour la finir droite, j’omets évidemment la ceinture, j’ajoute un col plat en pointe avant de fixer la parementure, et je termine les manches par une bordure blanche. Comme il s’agit d’un costume de scène, je ne m’amuse pas à coudre des boutonnières: je couds les boutons au travers des deux pans de la patte de boutonnage.
Les tissus noirs et blancs sont un mélange de coton et de polyester qui se froisse relativement peu. Je les ai achetés en ligne à moins de 10.- le mètre (j’ai dû acheter 5m au total pour les 2 robes). Le tablier que je porte sur scène n’est pas de mon cru, il vient des réserves de costumes de Upstage.
Les 6 représentations au Theater am Käfigturm à Berne ont beaucoup de succès, nous comptons entre 100 et 140 spectateurs par soirée. Pari réussi pour un premier retour sur scène! Pour voir d’autres photos de la production, vous pouvez visiter la page Facebook de Upstage.