Activités

A la découverte de l’Oberland

Il y a une chanson populaire en dialecte alémanique qui loue la beauté de l’Oberland bernois. Il faut dire que les Bernois ne sont pas peu fiers de leurs montagnes qui attirent chaque année des millions de touristes. Et ils ont raison évidemment: l’Oberland bernois est en réalité encore bien plus beau que la petite chanson ridicule ne le prétend.

Ds Oberland, ja ds Oberland, ds Bärner Oberland isch schö-ö-ön…

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Par un magnifique dimanche du mois de septembre, nous cédons à l’appel des montagnes et partons à la découverte du Niederhorn sur le versant nord du lac de Thoune. C’est une autre habituée des Alpes, une amie autrichienne, qui m’accompagne.

Nous prenons d’abord le train jusqu’à Thoune, puis le bus direction Interlaken jusqu’à Beatenbucht. De là, nous montons dans un train à crémaillère, puis à bord d’une télécabine, pour arriver en haut du Niederhorn. La vue sur le lac et les montagnes est à couper le souffle. Pas étonnant que le site soit apprécié par les parapentistes qui l’utilisent comme pente de décollage.

Depuis le sommet du Niederhorn (1950m), notre promenade nous mène tout le long de la crête jusqu’au sommet suivant: le Gemmenalphorn (2061m). La vue est imprenable. Malheureusement, la brume du début de l’automne nous empêche de voir les trois montagnes les plus majestueuses de la région, l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau, sur l’autre versant du lac.

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Après une bonne heure de marche, nous arrivons sur le Gemmenalphorn où une petite pause s’impose. Des oiseaux noirs ébouriffés – des chocards à bec jaune typiques des Alpes – nous tournent autour et s’approchent malicieusement, histoire de voir si une miette de notre pique-nique pouvait leur tomber dans le bec…

Depuis le Gemmenalphorn, le chemin devient raide et serpente entre les pierres en contournant la montagne.

Enfin, nous débouchons sur une plaine où la végétation est encore timide. Nous traversons un champ de pierres blanches qui semblent sortir tout droit d’un film de science fiction… Il s’agit de lapiaz, un phénomène géologique étonnant qui se forme dans  la roche calcaire lorsque celle-ci est dissolue par un ruissellement d’eau ou de glace. Il y a des siècles, une ancienne rivière souterraine, voire un glacier, se situait probablement à cet endroit… La profondeur de certaines crevasses est véritablement inquiétante, d’autant plus que le chemin nous demande de réaliser quelques sauts bien calculés pour traverser le lapiaz.

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Enfin, nous arrivons à la limite de la forêt. La dernière étape de notre chemin en direction du village de Habkern est particulièrement raide. Nos genoux et nos orteils plaident pour une trêve lorsque nous arrivons enfin à l’arrêt du bus. En quelques minutes d’un trajet dans un bus postal plein à craquer, nous rejoignons la gare d’Interlaken où nous reprenons le train pour Berne.

La chanson populaire avait donc bien raison de faire les éloges de la beauté de l’Oberland bernois. Mais d’autres auteurs plus prestigieux ont eux aussi visité cette région et ne sont pas restés indifférents. L’un d’entre eux a su saisir en seulement quelques mots toute la magie de cet endroit. Écoutons-le:

Rocks, pines, torrents, glaciers, clouds – and summits of eternal snow far above them.

Lord Byron, Alpine Journal, 1816

Des rochers, des sapins, des torrents, des glaciers, des nuages – et là-bas au loin, au-dessus d’eux, des sommets de neige éternelle.

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