Voyages

De Vienne à Séville

Début janvier 2019, ma maman et moi partons pour un séjour de deux jours dans la capitale autrichienne. Au programme: flâneries à travers la vieille ville, dégustation de pâtisseries et d’escalopes viennoises, visite du musée Hundertwasser et des appartements de Sissi l’impératrice… et, last but not least, une soirée magique à l’Opéra de Vienne pour une représentation de Il Barbiere di Siviglia. Avec une robe de soirée de ma propre collection, évidemment!

Vous ai-je déjà parlé de ma passion pour l’opéra? Non? Alors il était grand temps! Elle est née très tôt, pendant mon adolescence en fait, grâce à mes parents qui avaient découvert que je pouvais assister pour 10 francs à peine – prix étudiant et place derrière la colonne sur le balcon de côté – à chaque spectacle lyrique du Théâtre de Vevey. Je me suis donc initiée à l’opéra en ne voyant systématiquement que le côté gauche de la scène (côté jardin comme on dit dans le jargon), avec par contre un regard plongeant sur l’orchestre. J’ai tout de suite adoré le savant mélange entre la musique, l’harmonie des instruments, la précision des voix, les costumes scintillants, les décors, les histoires contées et les relations entre les différents personnages. Depuis, j’ai vu sans doute une vingtaine d’opéras différents – et toujours avec le même émerveillement et les mêmes émotions. Parmi mes oeuvres préférées figurent en bonne place Rigoletto de Verdi, Norma de Bellini, Rusalka de Dvorak, La Bohème de Puccini… et Il Barbiere di Siviglia de Rossini. C’est une représentation de ce dernier qui nous attire à l’Opéra de Vienne.

Mais avant de nous rendre à notre représentation – annoncée sur un panneau à l’entrée de l’Opéra – une promenade à travers la vieille ville s’impose. Il fait froid, et le vent qui s’engouffre à travers les ruelles étroites ne nous invite pas à rester longtemps dehors. Nous traversons le Stephansplatz et jetons un coup d’oeil dans la cathédrale, puis nous nous dirigeons vers l’extérieur de la ville pour visiter le musée de l’artiste Hundertwasser, célèbre pour ses créations architecturales colorées.

Après une escalope viennoise accompagnée de sa salade de pommes de terre – avec comme dessert une tranche de Dobostorte au chocolat et au caramel – nous revenons au centre ville et participons à une visite guidée à travers l’Opéra de Vienne. Une occasion inestimable de traverser les magnifiques salles du bâtiment et d’assister à l’installation des décors sur la scène immense… avec en prime des informations passionnantes sur l’histoire, l’architecture et la programmation de l’Opéra. Il faut savoir que la majeure partie du bâtiment a malheureusement été détruit par un incendie suite aux bombardements de la ville à la fin de la deuxième guerre mondiale. De la gloire de l’Opéra impérial ne subsistent que le hall, la cage d’escalier, et deux salles richement décorées – dont le « salon de thé » avec son tapis rouge, qui était utilisé comme antichambre par l’empereur en personne. Le reste de l’Opéra, y compris la salle de spectacle et la scène elle-même, a été reconstruit dans l’esthétique des années 50.

Les fresques imposantes du foyer Schwind – nommé ainsi d’après l’artiste qui les a réalisées – illustrent diverses oeuvres lyriques qui ont été jouées dans l’Opéra. Les bustes blancs représentent les auteurs. Au-dessus du buste de Rossini (celui de gauche sur la photo ci-dessous), on distingue clairement une représentation du Barbier de Séville

L’avantage de la visite guidée est de pouvoir admirer toutes ces magnifiques salles quasiment vides… En effet, le soir même, lorsque nous revenons sur les lieux, nous peinons à nous frayer un chemin à travers la foule bloquant la cage d’escaliers et le foyer. Nous faisons quand même quelques photos, histoire de garder un souvenir de cette soirée mémorable!

Pour l’occasion, vous imaginez bien que je ne pouvais pas porter n’importe quelle robe… Le modèle vient du magazine Fashion Style de novembre 2018. Il est composé d’un haut à découpes et encolure en V, de manches 3/4 terminées par un volant, et d’une jupe virevoltante en 4 panneaux. Le tissu est un polyester bleu foncé à pois en relief. Je vous montrerai la robe dans des photos de meilleure qualité dans un de mes prochains posts.

Le deuxième jour, après avoir déjeuné un énième strudel aux pommes, nous visitons encore le musée de l’impératrice Sissi et les appartements de l’empereur. Absolument impressionnant et pompeux à souhait. Malheureusement pour ma sensibilité de couturière, l’exposition ne contient que peu de vêtements de l’impératrice – connue pour son goût de la mode et ses tenues luxueuses. La visite vaut tout de même le détour et je vous la recommande. En effet, le faste des appartements impériaux et le contraste avec les réflexions de Sissi dans son journal intime permettent de mieux comprendre l’histoire de cette femme en révolte avec son époque, en désaccord avec les contraintes imposées par son sexe et son statut. Son histoire douloureuse s’est terminée sur les bords du Lac Léman, où elle est assassinée en 1898. La boucle est bouclée, mon voyage à Vienne se termine; après un crochet par Séville, me voilà de retour en Suisse.

Laisser un commentaire