Quelques jours de vacances pendant la dernière semaine d’avril nous invitent à faire une escapade en direction du nord. Cela fait près de 3 ans que mon frère Marc et sa femme Fabiana habitent et travaillent à Delft aux Pays-Bas. N’ayant pas encore de projet précis pour notre semaine de vacances, nous décidons spontanément d’aller leur rendre visite. C’est donc le jour de King’s Day, le 27 avril, que nous arrivons d’abord à Amsterdam, puis à Delft.


Delft est une petite ville d’environ 100’000 habitants, située au sud des Pays-Bas, entre Rotterdam et La Haye. La ville est fameuse pour avoir servi de lieu de naissance à plusieurs personnalités hollandaises – entre autres au célèbre peinte Jan Vermeer -, mais aussi pour sa faïence bleue connue sous le nom de Royal Delft. Toutefois, ce qui a attiré mon frère dans cette ville ne sont pas ses attraits culturels, mais bien plus la réputation de son université des technologies TU Delft, où il travaille depuis plusieurs années.


Nous passons les trois premiers jours de nos vacances à Delft et séjournons dans le charmant appartement triplex de Marc et Fabiana. La ville, avec ses maisons en briques, ses canaux et ses ruelles étroites, nous enchante tout de suite. On s’imprègne du rythme de la vie néerlandaise, de cette langue étrange dont nous comprenons un mot sur deux, de l’euphorie du King’s Day, des sandwichs de hareng cru et des Stroopwafels dégoulinants de caramel vendus à tous les coins de rue, de ces repas de midi constitués principalement de broodjes (je recommande sans hésiter la carte du Stads Koffyhuis), de la tarte aux pommes légendaire (celle de Kobus Kuch est apparemment la meilleure de Delft… en tout cas elle était excellente!), bref nous nous immergeons complètement dans notre nouvel environnement et en ressortons étrangement revigorés!
La météo, elle, nous joue de vilains tours. Le deuxième jour, notre petit tour dans le Zeeland au sud de Delft est arrosé par une petite pluie tenace. Nous devons sortir les parapluies à Goes. Qu’à cela ne tienne, nous cherchons un joli établissement pour nous sustenter – et nous tombons par hasard sur l’excellent restaurant Hector. Nous essayons de négocier un prix spécial pour Héctor qui s’appelle quand même comme le restaurant, mais pas de chance, les Néerlandais ne négocient pas beaucoup… On rigole mais on ne se plaint pas: l’endroit est cosy (on accueille avec bonheur le feu de cheminée!), le repas et le vin sont excellents. Je commande le plat du jour et on me sert une assiette de poisson avec des asperges et des couteaux (les coquillages, pas les autres couteaux…). Bref, si vous passez par Goes, n’oubliez pas de rendre visite à Hector!




Une promenade sur la plage pour digérer ce festin s’impose! Nous continuons notre route à travers le Zeeland pour arriver au bord de la mer, où nous nous arrêtons pour ramasser des coquillages et faire des photos devant un phare rustique. Nous retournons sur Delft en longeant la côte. Le paysage est changeant, on passe de vertes prairies où broutent les vaches aux plages sauvages avec vue sur les éoliennes qui font tout naturellement partie du paysage.
Le troisième jour, le soleil est enfin au rendez-vous! Nous continuons notre découverte de Delft, puis nous nous rendons en fin de journée à La Haye, où nous mangeons encore du poisson… Tant qu’à faire, quand on est au bord de la mer, autant en profiter! C’est Marc qui choisit le restaurant, et j’avoue que nous ne pouvions mieux tomber: le Bistro-Mer à La Haye, cuisine d’inspiration française, tout ce que la mer offre de meilleur! Pas de moules malheureusement, puisque ce n’est pas la saison. Mais un carpaccio de thon en entrée, du cabillaud aux salicornes et sauce hollandaise maison, et un méli-mélo de fruits de mer pour Héctor. Lekker!
Le lendemain, nous quittons Delft pour faire un petit tour à Gouda, puis à Leiden où nous avons rendez-vous avec un couple d’amis. A Gouda, nous achetons évidemment du fromage et des stroopwafels. La ville nous paraît morose, mais c’est peut-être la faute à la pluie qui ne cesse de tomber. La place principale est grise, mouillée, les gens se pressent et les restaurants ne sont pas accueillants. Leiden fait moins grise mine à côté, la météo est un peu plus clémente. Nous montons sur la colline du Burcht (ouf, quelle montée!), une citadelle datant du 9e siècle et offrant une jolie vue sur la ville. Nous nous promenons ensuite à travers les rues de la ville, jusqu’au soir où nous rencontrons nos amis Janet et Sieg. Elle est néerlandaise, il est mexicain: nous les connaissons de Salamanca, où ils étaient locataires du papa de Héctor. Les retrouvailles sont tellement intenses et les discussions tellement vivantes que nous en oublions même de nous prendre en photo… A l’ère du smartphone omniprésent, j’aime autant penser que cet oubli est plutôt de bon augure pour notre amitié.






