Voyages

De Lelystad à Naarden

Après la visite de Delft, de Gouda et de Leiden, nous continuons notre découverte des Pays-Bas en nous rendant dans la région de Lelystad, chef-lieu du Flevoland au bord des mers intérieures de Marker et Ijssel. Flevoland est entièrement construit sur un polder, à savoir sur un bout de terrain que les Hollandais ont gagné sur l’eau. Cela se voit quand on traverse la région: à part le fait que c’est tout plat, c’est fertile, humide et même marécageux par endroits. C’est ici que l’on trouve l’aéroport de Lelystad et son musée d’aviation, notre destination.

L’Aviodrome de Lelystad est un musée comme on les aime. Beaucoup de passion et d’interactivité, un peu de désorganisation et un facteur de sympathie énorme! Dans la première partie du musée, un circuit de l’histoire de l’aviation néerlandaise est en cours de construction. Il sera terminé cet été et les postes déjà installés sont absolument prometteurs! Par contre, les panneaux en anglais sont plutôt rares, on se débrouille comme on peut avec les explications en hollandais et on apprend très vite les mots importants… Luchtvaart, luchthaven, vliegtuigen, Wereldoorloog (la première et la deuxième, évidemment)… Dehors, des avions peuvent être visités entièrement, en particulier un Boeing 747 de Dutch airlines de deux étages. Un guide – visiblement un retraité passionné d’aviation – est à disposition des visiteurs à l’intérieur de l’avion et nous donne plein d’informations intéressantes sur la machine. Nous passons la journée dans le musée et ne nous ennuyons pas une seconde.

Après cette visite instructive, nous reprenons la voiture et décidons de trouver un endroit néerlandais authentique pour profiter de la fin de la journée. C’est ainsi que nous arrivons à Urk, petit village de pêcheurs au bord du Ijsselmeer. Le village et son phare sont fameux, mais seul un coup d’oeil sur wikipédia permet de savoir pourquoi: jusqu’en 1939, Urk était en fait une île. L’assèchement du Nordoostpolder dans les années 40 a fait de Urk une ville côtière. Toutefois, les habitants de Urk n’ont pas perdu de leur excentricité insulaire: ainsi, on n’habite pas à Urk mais sur Urk, et on y parle encore un dialecte qui n’existe que dans cette région. Le phare, datant de 1845, est classé monument national des Pays-Bas (on a failli passer à côté, pour être honnête…).

Nous mangeons dans le restaurant De Zeebodem, dont le nom indique déjà le programme: des spécialités de poisson et de fruits de mer à déguster avec une vue splendide sur le port de Urk. Tous les plats sont excellents.

La cinquième journée commence sous la pluie. Au petit-déjeuner, nous réfléchissons à notre programme de la journée. Visiter des villes ou des villages par ce temps ne nous motive guère. Nous décidons finalement de nous réfugier dans un musée. Le musée militaire de l’armée néerlandaise, situé près de Utrecht, attire aussitôt l’attention de mon homme passionné d’avions…

Arrivés sur place, nous nous rendons immédiatement compte qu’il s’agit là d’une autre catégorie de musées. Le budget de l’Etat a visiblement fait des siennes. Un bâtiment splendide, une exposition de grande qualité, une infrastructure hautement professionnelle. Le musée étant situé en plein milieu d’un parc géré par l’armée, des activités en plein air sont proposés pour les visiteurs les plus jeunes. Ici, peu d’avions que l’on peut visiter de l’intérieur. Par contre, une tonne d’informations sur les technologies, l’histoire et les combats de l’armée néerlandaise. La plupart des textes et des films sont traduits en anglais.

Malgré le coup de pub évident pour l’armée, il n’y a pas de glorification malvenue: les erreurs militaires, les incidents et même les crimes de guerre ne sont pas passés sous silence. Je recommande tout particulièrement la salle dans laquelle on peut entendre les témoignages de 12 hommes et femmes de l’armée néerlandaise à travers 12 petits films – parfois durs, parfois tendres, tous émouvants.

Un rayon de soleil en fin de la journée nous permet de nous rendre compte de l’ampleur du parc autour du musée. On y passe facilement la journée. Le musée est aussi intéressant et instructif pour des adultes que pour des enfants.

Le lendemain, nous devons nous rendre à Amsterdam pour reprendre l’avion. En route, nous faisons une halte spontanée dans le village de Naarden. La forme étrange de ce village sur la carte des Pays-Bas a retenu mon attention: il ressemble à une grande étoile. Arrivés sur place, nous réalisons que le village est entièrement entouré de murailles et de douves en forme d’étoile.

Impossible d’en avoir une vue d’ensemble depuis le sol (d’autant plus que tout est plat ici…), seule une photo aérienne comme celle du flyer de l’office de tourisme permet de saisir l’image en entier. Nous suivons le chemin de randonnée qui fait le tour des murailles. Une promenade magnifique. Partout sous l’herbe, on devine des souterrains qui longent les murailles et se prolongent probablement bien au-delà des douves. Des sorties de secours, ou des entrées pour les espions? Le village entier nous raconte des histoires venues d’un autre temps.

Les maisons elles-mêmes semblent encastrées au-milieu de ce dédale de murailles et de canaux. Nous traversons la rue principale avec l’église et l’hôtel de ville – un petit bijou architectural. A l’intérieur des murailles se trouve un musée que nous n’avons malheureusement pas le temps de visiter. Ce sera peut-être pour une autre fois. Nous quittons Naarden avec un beau souvenir: une jolie découverte inattendue!

Voilà, notre première escapade aux Pays-Bas se termine ici. Mais nous savons déjà que nous y reviendrons. La bonne chère, les belles rencontres, les endroits idylliques et les histoires passionnantes: autant de raisons pour revenir faire un tour dans le bas pays. Tot ziens!

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