L’époque que nous vivons n’est pas vraiment propice au romantisme… Entre les conférences de presse et les sessions parlementaires extraordinaires, les épidémiologistes alarmistes et les autres qui jurent que la courbe s’aplatit, les musées qui exposent en ligne et les musiciens qui jouent par Skype interposé… Ce n’est pas franchement rose. Même les prestations des finalistes de The Voice of Switzerland, filmés pendant qu’ils chantaient dans leur salon (!), étaient exemptes de glamour, de paillettes et même de larmes d’émotion. Où va-t-on?
Pour tenter de ramener un peu de romantisme dans ce monde désillusionné, j’ai décidé que ma prochaine création serait une robe légère, fleurie et féminine. Il faut dire que je suis carrément tombée amoureuse de ce modèle et de ses détails romantiques: une viscose fluide pour une jupe dansante, une taille haute et une encolure profonde qui mettent en valeur la poitrine, des manches 3/4 terminés sur des volants hyper féminins et tendance… Il s’agit du modèle 115 du magazine Burda de février 2019.
Le tissu que j’ai choisi est une viscose très fine au motif fleuri. A cause de la jupe ample froncée, le modèle demande près de 2 mètres de tissu. Je décide de doubler le haut et la jupe avec une fine viscose bleu foncé de ma réserve. Les manches ne sont pas doublées.
Pour le photo shooting d’un modèle aussi romantique, une promenade dans la forêt de Schosshalden, à quelques pas de chez nous, s’imposait. Cette forêt est adjacente au cimetière du même nom où est enterré l’artiste peintre et poète Paul Klee. Tous les chemins pédestres dans la forêt de Schosshalden portent des noms de ses oeuvres: Mehr Vogel, Was alles wächst, Statt Beinen Flügel, Undo-endo… Une promenade dans cette forêt est une vraie escapade dans l’imaginaire poétique de l’artiste. Merci aussi à Héctor, mon photographe préféré, dont l’objectif a réussi à capter tout le romantisme de ma création dans cet endroit magique!
Avec ses nombreuses fronces, le modèle demande de la minutie et de la patience. Pour une prochaine fois j’essaierai volontiers les fronces avec l’élastique spécial que j’ai acheté entretemps… mais là je n’en avais pas sous la main. J’ai donc eu recours à la technique traditionnelle: coudre deux rangées parallèles de fil de fronce (à la main, je préfère), tirer délicatement, répartir les fronces, les retenir par des milliers d’épingles (et surtout s’énerver plusieurs fois)… Bref, il me faut quasiment une journée entière rien que pour les fronces de la jupe et des manches. Mais cela en vaut la peine! Heureusement, le reste de la robe est plutôt simple. Et j’ai déjà de l’expérience avec les encolures en V et le montage des fermetures éclair invisibles. Grâce à la doublure, la finition de l’encolure est très simple: je fais juste une surpiqûre à 2mm du bord pour bien la stabiliser. Je surpique également la taille et les manches pour retenir les fronces.





Une agréable surprise de ce modèle de Burda: pour une fois, je n’ai pas eu besoin de réduire l’ampleur du haut. Evidemment, j’ai dû dessiner la taille 34 sur le patron: comme souvent chez Burda, ce modèle n’était proposé qu’à partir de la taille 36. Après avoir découpé le patron, j’ai mesuré les pièces et dans le doute j’ai vite cousu une toile pour le haut: bien m’en a pris, il m’allait comme un gant. Du coup, je n’ai fait absolument aucune modification dans le modèle.
En sortant de la forêt romantique de Schosshalden, nous sommes ramenés brutalement à la réalité du monde actuel… Un panneau rouge bien connu nous rappelle que nous devons tenir nos distances, nous laver les mains et s’abstenir de donner la main. Notre escapade romantique est décidément terminée… En tout cas pour aujourd’hui.
Sollte alles denn gewusst sein? ach, ich glaube nein!
Serait-il vraiment nécessaire de tout savoir? bah, je crois que non!
Paul Klee







