« Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens… » chantait Claude François en son temps. Il ne pensait pas si bien dire… En cette année 2020, la seule chose qui décidément ne s’en va pas et qui revient sans cesse, ce sont de tout petits riens qui se cachent dans les aérosols et les gouttelettes – à ce qu’il paraît – bref, des virus minuscules et tenaces qui nous rendent la vie bien difficile. Au printemps 2020, je vous avais parlé de mon quotidien Corona en quelques photos. Plus de 6 mois plus tard, il est temps de vous faire un update (en bon français). Mon quotidien Corona en novembre 2020, c’est – en vrac: les vidéoconférences, les vacances à la maison, les masques, les pauses café par skype, les amis qu’on ne voit plus, les masques encore, les événements annulés, le contact tracing dans les restaurants, les mauvaises nouvelles à la télé, les masques partout, la poignée de main qui a disparu. Et les quatre murs de chez soi. Jour après jour.
Le « je t’aime moi non plus » du télétravail
En avril 2020, j’avais installé mon bureau de fortune dans mon atelier de couture. Au début, c’était un bureau improvisé dans un atelier de couture…. Entretemps, cela ressemble de plus en plus à un atelier de couture improvisé dans un bureau. Les documents de travail commencent à s’empiler au milieu des magazines, des tissus et des accessoires de couture. Je n’ai plus la place pour couper les grands morceaux de patron sur ma table, et dois maintenant systématiquement le faire par terre. Ce qui complique considérablement le déménagement de la chaise de bureau, la seule de l’appartement: le weekend, c’est Héctor qui l’utilise pour jouer à son simulateur de vol, la semaine elle revient dans mon atelier de couture…
L’accessoire le plus représentatif du télétravail est sans aucun doute mon headset. Je vous le présente ici sur un joli fond coloré, qui est en fait la nouvelle housse que j’ai cousue pour ma planche à repasser. Le headset et moi, on a développé une étrange relation amour-haine. C’est lui qui me permet de garder le contact avec mes collègues, de réaliser toutes mes séances avec une qualité de son irréprochable… En même temps, il est synonyme de distance, d’éloignement et de lien artificiel. A la fin de la journée, je me demande parfois si les écouteurs finiront un jour par s’implanter durablement dans mes oreilles… (future évolution de l’espèce humaine?)
La photo de droite me fait bien rire, c’est un screen shot que j’ai fait sans le vouloir alors que je me préparais à une énième vidéoconférence. D’ailleurs, le côté sympa des vidéoconférences en télétravail, c’est qu’elles vous permettent de jeter un coup d’oeil dans l’intérieur de vos collègues de bureau. Vous imaginez bien que le poster du double album blanc des Beatles sur le mur derrière moi a déjà suscité maints commentaires!
Annulé – Abgesagt
Le mot « annulé » et son équivalent en allemand – « abgesagt » – font sans aucun doute partie des mots qu’on a entendus et prononcés le plus souvent ces 6 derniers mois. Alors même qu’on pensait cet été pouvoir bientôt revenir à un semblant de normalité et revivre des événements en groupe, voilà que les nouvelles mesures du gouvernement nous obligent à revoir drastiquement notre agenda social, culturel et sportif. Lorsque le canton de Berne a décidé la fermeture de tous les théâtres il y a quelques semaines, il a sonné le glas des représentations de notre pièce de théâtre « A Maze« , pour laquelle je répétais depuis le mois de juin avec la troupe de théâtre amateur Upstage. La première aurait eu lieu la semaine prochaine…


Faisant également partie de l’équipe des costumes pour la pièce « A Maze« , j’ai juste eu le temps de terminer la robe de la reine (sans les décorations) avant l’annulation de nos représentations. Le costume du roi est à peine entamé. J’avoue que ma motivation n’est pas énorme en ce moment pour reprendre ce travail de couture… Même si nous avons annoncé que les représentations seront reportées au printemps 2021, rien ne nous assure que la situation sera vraiment plus propice d’ici là.
On se trouve des occupations…
Mon agenda affiché sur le mur de la cuisine expose irrémédiablement sa page blanche de semaine en semaine… (je me demande même pourquoi j’en ai acheté un cette année…). Avec les vacances à la maison, les événements sociaux annulés et les soirées entre amis proscrites, il faut s’occuper comme on peut. A côté de la couture qui reste évidemment mon occupation préférée, j’épluche (métaphore bien à propos) mes livres de cuisine et me remets surtout à la pâtisserie. Tout est bon pour occuper un dimanche après-midi, du tiramisu au cake tyrolien, en passant par le gâteau aux canneberges de Betty Bossi… (je recommande). Heureusement c’est l’automne, et entre les courges, la chasse, les champignons et les châtaignes, il y a de quoi faire!
La lecture est une autre occupation que j’ai reprise avec un peu plus d’engouement que d’habitude. C’est notamment la trilogie All Souls de Deborah Harkness qui m’occupe en ce moment. D’ailleurs, les histoires de vampires m’ont accompagnée un peu tout au long de cette étrange année… Depuis le semi-confinement de ce printemps, j’ai vu absolument tous les épisodes de toutes les saisons disponibles de True Blood, Vampire Diaries, A Discovery of Witches et V-Wars… Serait-ce dû à une sorte d’inspiration subliminale de toute cette histoire de virus? Allez savoir…
On avance masqués
La frénésie des masques semble nous avoir gagnés pour un bon moment. Je rigole toujours quand les gens me demandent pourquoi je n’ai pas encore commencé à coudre des masques en tissu… Franchement, j’ai vraiment mieux à faire dans mon atelier de couture que de coudre des masques colorés avec des petits coeurs et des fleurs, qui – de un – donnent un air absolument ridicule quand on les porte, et – de deux – ne protègent apparemment pas aussi bien que les masques chirurgicaux. Mais la raison principale de mon aversion pour la couture de masques, c’est tout simplement la pile de projets en attente – des robes, des blouses, des blazers et des cardigans – évidemment tous beaucoup plus passionnants que les sempiternels masques contre le coronavirus…
En tout cas, mes boîtes de masques sont placées stratégiquement sur le meuble de l’entrée, avec le gel hydroalcoolique, histoire de ne pas oublier d’en emporter suffisamment avec soi dès qu’on sort de la maison. Un détail qui me fait sourire à chaque fois de l’étrangeté de toute cette science-fiction actuelle, c’est quand je retrouve des masques pliés en quatre un peu partout dans les poches de mes vestes et pantalons… Et dire qu’il y a à peine une année, on se moquait gentiment des touristes qui portaient des masques en plein centre-ville de Berne! On fait moins les malins aujourd’hui.
L’avantage de la folie des masques, c’est qu’on peut aussi les utiliser pour faire des selfies amusants. Et rigoler un peu, malgré tout, car au final, s’il y a bien une chose qu’on a appris de toute cette situation, c’est que l’humour est et reste le meilleur remède.

Ça s’en va et ça revient, c’est fait de tout petits riens.
Ça se chante et ça se danse; ça revient, ça se retient comme une chanson populaire.
Chers amis, prenez soin de vous et restez en bonne santé (mentale)!







