Coudre un manteau de A à Z est probablement le rêve de toute couturière amateur. Cela faisait bien longtemps que ce projet me tentait. En vue de cette entreprise, j’avais acheté il y a quelques années, en fin de saison et donc à demi-prix, près de 4 mètres de laine feutrée bleue. Ne manquait plus que le bon modèle… et le temps de m’y mettre!
Le premier confinement du printemps 2020 m’a offert le temps nécessaire pour débuter enfin ce projet ambitieux. Par chance, j’avais déjà prévu mon coup et avais acheté en 2019 un coupon suffisant de doublure Venezia bleu clair assorti à ma laine feutrée. Le patron adéquat, je l’ai trouvé dans le magazine Burda de décembre 2016 (modèle n° 102). Ce modèle de manteau présente un devant croisé boutonné, des poches dans les coutures devant, des manches raglan, un petit col et une longueur juste au-dessus des genoux. Le devant et le dos sont façonnés de nombreuses découpes qui rendent le manteau particulièrement seyant. Bref, un modèle attractif avec un niveau de difficulté tout à fait accessible. Je décide de prendre mon courage à deux mains et de me lancer!
La découpe des nombreuses pièces du modèle me prend toute une journée. Un bon nombre de pièces sur le devant du manteau sont doublées d’une vlieseline thermocollante spéciale (H410). Cette vlieseline permet aux tissus non tissés – comme la laine feutrée – de rester bien en place et de tomber comme il faut. Vu que les magasins non essentiels sont fermés au printemps 2020, je dois l’acheter en ligne. Tout comme le fil bleu assorti à mon lainage: heureusement que cette fois je tombe rapidement sur la couleur appropriée.
Une fois toutes les pièces coupées et la vlieseline thermocollée aux bons endroits, je me lance dans l’aventure de la couture des poches prises dans les coutures devant. Une partie de la poche est en lainage, l’autre en doublure. L’assemblage n’est pas tout simple… Mais au final, le résultat est probant et je suis assez fière de mes premières poches de manteau!
Le reste de l’assemblage du devant et du dos ne présente aucune difficulté, si ce n’est qu’il faut veiller à ce que les pièces soient bien ajustées entre elles. Les manches raglan sont formées de deux pièces, formant une courbe harmonieuse sur l’épaule. Elles sont suffisamment larges pour pouvoir porter un gros pull sous le manteau. Le petit col n’est pas vraiment compliqué à coudre non plus.
Une fois le dessus cousu, je m’attelle à l’assemblage de la doublure. Il faut la prévoir moins longue sur le bas du manteau et le bas des manches. Une parementure en lainage s’ajoute sur le devant et le col. Je laisse une petite ouverture sur une des coutures de côté de la doublure, pour pouvoir retourner aisément le manteau. Juste sous la parementure du col, je couds une bride qui me permettra de suspendre le manteau à un crochet. Comme vous le voyez sur la photo ci-dessous, la doublure comporte un pli d’aisance de 2cm au milieu dos.




Je couds la doublure endroit contre endroit sur le dessus du manteau, y compris sur le devant des manches (une entreprise toujours un peu laborieuse mais qui paie). Je retourne le manteau sur l’endroit à travers l’ouverture dans la doublure. Ne reste plus qu’à fermer l’ouverture à petits points cachés, et à faire une longue surpiqûre sur le devant et le col, à 1cm du bord.
J’en suis là lorsque le confinement du printemps 2020 se termine. N’ayant plus l’occasion de porter le manteau – la saison froide est passée – il restera un bon moment inachevé dans mon armoire. Je le ressors au début de la deuxième vague de Covid en automne. Il ne reste à faire que les trois grandes boutonnières sur le devant et à coudre les boutons. Je les choisis bleus et de forme neutre (2,5 cm de diamètre). Trois boutons servent à fermer le manteau, les trois autres ne sont que décoratifs.
Je suis vraiment très fière de mon premier manteau en laine entièrement doublé. Il est élégant, il tient chaud et il me va parfaitement bien. J’aime beaucoup le devant croisé et les poches dans les coutures. La longueur est idéale pour le porter sur une petite robe en jersey. D’ailleurs, le jour du photo-shooting près de chez moi, il faisait un véritable froid de canard, si bien que j’ai un peu regretté le choix de porter une robe et des bas en nylon… Mais du coup je peux confirmer que la laine feutrée, ça tient quand même bon chaud!









