Avant la pandémie, on avait décidé avec ma maman qu’on ferait chaque année une petite sortie entre filles… C’est ainsi qu’en janvier 2019, nous nous étions rendues à Vienne pour une soirée à l’opéra. Après avoir dû renoncer pendant deux ans à réaliser notre petit voyage commun, nous décidons cette année de renouer avec cette jolie résolution et de partir ensemble pour deux jours à Friedrichshafen, au pays de l’aiguille.

Friedrichshafen est une petite ville allemande située de l’autre côté du Lac de Constance, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec la Suisse. En cette ville se déroule chaque année un des plus grands salons européens des loisirs textiles, la Nadelwelt (= littéralement le « monde de l’aiguille »).
Pour se rendre à Friedrichshafen depuis la Suisse, rien de plus simple que de traverser le lac! En plus, le voyage en bateau est compris dans l’abonnement général des transports suisses… Nous ne payons donc pas un centime de plus! Nous décidons de partir jeudi 7 octobre en soirée, juste après le travail, si bien que nous traversons le lac après la tombée de la nuit. Nous ne sommes que 4 personnes sur tout le bateau! Un moment magique!


Nous logeons à Friedrichshafen à l’hôtel Lukullum (que je recommande sans hésiter!). Il est situé à 2 minutes à pied de la gare où nous prenons vendredi matin notre bus pour rejoindre le salon en périphérie de la ville.
Le salon s’ouvre sur une exposition d’artistes textiles, en particulier de patchwork. Des ouvrages impressionnants, d’une précision à couper le souffle. Nous nous laissons bercer par l’inspiration… Tant de bonnes idées! Et les dames qui présentent leurs ouvrages sont ravies de nous parler de leur passion. Voici un aperçu de quelques créations qui m’ont particulièrement touchée.




Après la salle d’exposition, nous entrons dans la salle des ventes. Un stand après l’autre nous attire avec une pléthore de tissus et d’autres accessoires colorés. Ma maman trouve quelques beaux coupons pour ses projets de patchwork. De mon côté, je déniche un tissu rouge vif pour un joli manteau que je prévois de coudre cet hiver (le patron est déjà tout choisi). Prise de frénésie, j’achète aussi un tissu softshell au motif léopard… Le softshell se trouve partout cette saison: il est très facile à coudre et se prête à la création de petites vestes confortables pour la mi-saison. Ma maman, de son côté, est fascinée devant la machine automatique de quilting de la marque Handi Quilter, un monstre qui occupe la moitié du salon…


Tout au long du salon, je collecte quelques inspirations pour mes créations… Quelques patchworks aux motifs de courges (de saison), mais aussi des idées originales pour les vêtements de bébés (la doublure de la capuche dans un tissu contraste, j’adore!).




Le motif brodé de l’arbre africain attire tout particulièrement mon attention: il s’agit d’un projet original visant à créer des emplois pour des femmes peu scolarisées en Afrique du Sud. Elles apprennent à broder des motifs – trop beaux! – qui sont ensuite vendus à des quilteuses européennes pour qu’elles les intègrent dans leurs créations. Chaque broderie affiche la photo de la dame qui l’a réalisée, et une petite biographie permet de créer les ponts entre créatrices textiles d’un bout à l’autre du monde… Je craque pour la beauté du projet et j’achète un arbre brodé par Heleni. Je suis touchée par les lettres malhabiles de son nom et la vendeuse me confirme qu’en effet Heleni ne sait ni lire ni écrire. J’espère que mon petit geste l’aidera dans son quotidien! Pour en savoir plus sur le projet Tambani, c’est par ici.

Mais le vrai highlight du salon Nadelwelt est sans aucun doute le défilé de mode! La preuve: je n’ai même pas fait de photos tellement j’étais scotchée par les modèles présentés. Les couturières et couturiers (!) amateurs portent les vêtements qu’ils ont soigneusement cousus eux-mêmes et affichent fièrement leurs mensurations de tous les jours sur le catwalk. Bravo, voilà une belle inspiration! Je reste bouche bée devant le manteau long en cachemire et la robe dos nu avec un voile aérien tombant des épaules… Wow! Pour les photos du salon, c’est par ici.
Pendant notre deuxième journée au salon, j’achète encore deux pieds presseurs pour ma machine overlock Enspire de Babylock. La gentille dame me conseille le pied presseur pour passepoil 5mm – qui peut être utilisé notamment pour coudre des fermetures éclairs à la surjeteuse – ainsi que le pied presseur pour fronces. Un achat un peu plus coûteux mais qui, je l’espère, en vaudra la peine! J’ai hâte d’essayer!

Nous rentrons de Friedrichshafen avec les yeux pleins d’idées, la tête pleine de projets, le sac rempli d’achats et le portemonnaie vide… Deux magnifiques journées! A refaire l’année prochaine, sans faute!