Après une année et demie d’attente et d’incertitudes, une relative accalmie du coronavirus en été 2021 nous permet de reprendre les répétitions de théâtre, dans l’espoir de pouvoir cette fois enfin monter sur scène. En automne 2020, nous avions dû annuler notre production quelques semaines avant la date de la première. Nous décidons de la reporter en 2021, d’abord en mai… puis par la force des choses en novembre. Certains comédiens n’ont malheureusement pas pu reprendre les répétitions en 2021, et notre metteur en scène a donc dû redistribuer quasiment tous les rôles. Mais nous tenons bon, et cette fois, nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel. Une expression bien à propos, puisque notre pièce se joue dans un labyrinthe: en novembre 2021, nous jouons enfin A Maze à raison de six représentations au Theater am Käfigturm à Berne.


La pièce, écrite par Rob Handel, est constituée de plusieurs intrigues qui, tels les couloirs d’un seul et même labyrinthe, se rejoignent au détour d’un virage, au moment où le public s’y attend le moins. Une jeune fille kidnappée il y a neuf ans vient de s’échapper et donne une interview à la télé; un jeune chanteur de rock est interné dans un centre de désintoxication pendant que sa copine se demande s’ils seront capables de produire un nouvel album à succès; un dessinateur de bande dessinée cherche désespérément à terminer enfin les 26 volumes d’une histoire qui l’obsède; et puis, quelque part dans un royaume probablement lointain, un roi décide de construire un gigantesque labyrinthe pour protéger sa femme et son futur héritier. Ces différentes intrigues et leurs personnages s’enchaînent, se mélangent, se chevauchent, à tel point qu’il devient de plus en plus difficile d’en distinguer les contours.


Je joue cette pièce avec l’association Upstage, une des deux associations de théâtre amateur anglophone de Berne. Ce n’est pas la première fois que je participe à l’une de leurs productions: j’avais déjà été sur scène en 2018 dans Cat on a hot tin roof, et j’ai participé à la réalisation des costumes pour Mr Scrooge en 2018, Twelve angry jurors et la comédie musicale Pippin en 2019. Dans A Maze, je joue trois rôles différents sur scène – un grand défi pour un comédien amateur! – et je réalise également trois costumes: celui de la reine (moi-même), du roi et du mystérieux Galgalim, l’architecte du labyrinthe.


Pour le costume de la reine, j’utilise comme base le patron d’une robe d’été tiré du magazine Burda 6/2020 (modèle 104). Je choisis ce patron car il comporte des manches larges, une jupe à panneaux et une taille haute – un détail d’une grande importance puisque la reine devra être enceinte pendant plusieurs scènes. Evidemment, je dois passablement modifier le modèle pour en faire une robe médiévale. Je simplifie l’encolure, j’augmente l’ampleur de la jupe en rajoutant des fronces sur toute la taille, et surtout je prolonge la robe pour la faire arriver jusqu’au sol. Les manches sont terminées sur un morceau de fausse fourrure.



La robe est assortie d’une petite cape triangulaire en fausse fourrure qui se ferme devant sur un bouton pression. Pour la cape, j’utilise le patron Burda 7583. Je supprime le col de la cape et je rajoute plusieurs centimètres de longueur pour qu’elle tombe jusqu’à ma taille dans le dos.


Pour la tunique du roi, j’utilise le patron de la chemise Gypse tiré du livre Grains de couture Hommes & Femmes de Ivanne Soufflet. Je rallonge la chemise jusqu’aux genoux et je rajoute des bouts de fourrure sur le col, le long du devant et les manches. Le comédien la porte avec une ceinture et un simple pantalon brun trouvé dans notre réserve de costumes. La cape du roi est réalisée en imitation de cuir, elle est bordée de fausse fourrure et doublée d’un tissu polyester brun. Je réutilise le même patron de carnaval de Burda (Venise la Nuit) que j’ai déjà utilisé pour deux costumes de Mr Scrooge.


Enfin, pour le costume de Galgalim, étrange créature mi-homme mi-chien, je réalise un long manteau à capuche en fausse fourrure. Le patron est tiré du magazine Simplicity 6/2020 (modèle 4). Il est doublé d’un jersey gris clair assorti et se ferme sur le devant avec trois gros boutons pression. Pour rendre la fourrure encore plus inquiétante, j’y attache des restes de fourrure et d’autres bouts de tissu assortis. Heureusement que le comédien ne porte ce manteau que dans deux scènes relativement courtes: en effet, il lui tient bon chaud sous les projecteurs!


Notre pièce a beaucoup de succès malgré le peu de public en raison des restrictions Covid – environ une cinquantaine de personnes par soirée. Nous avons beaucoup de plaisir à nous produire enfin sur scène et mener ce projet à bien après tant de mois de patience! Et nous voilà prêts pour la prochaine aventure théâtrale en 2022! (si omicron le veut…)
